“Messianisme, réalisme, conceptualisme”
Comme l’indique cette couverture d’un livre de « coloriage » [1] ces trois termes se confondent, alors qu’ils peuvent paraître « logiquement » opposés sous divers aspects : ainsi seul le drapeau « palestinien » apparaît cousu sur l’épaule droite d’un enfant (muni d’un keffieh OLP autour du cou) tandis qu’une part du drapeau de l’Afrique du Sud forme le fond de culotte de celui de gauche [2] ou le réel fantasmé d’une « nation arc-en-ciel » sous dominance conceptuelle d’une direction d’action celle d’aller de « la » rivière à « la » mer, ce qui est un « messianisme » puisque est présupposé que cette fusion « arc-en-ciel », sous un seul drapeau, apportera la « liberté » écrite à droite sur le mur d’un immeuble, illustrant en fait l’imaginaire arabo-djihadiste classique : tous les peuples « protégés » peuvent aspirer à marcher côte à côte entourés de colombes (non blanches) en direction d’un « soleil » symbolisant par excellence la Promesse (messianisme) d’un avenir radieux…
Cette présence ainsi intriquée entre un fantasme de « réel », sa conceptualisation indiquant une direction d’action et sa finalité eschatologique (le « soleil » et les « oiseaux ») s’avère être elle aussi bien ancrée y compris dans les sociétés dites “avancées”. Pour preuve d’ailleurs le fantasme de faire reconnaître l’Imaginaire de ce livre de coloriage par l’adepte Président français du jeu de YU-GI-OH![3] lors d’une cession onusienne…
Certes, la « raison » (cette combinaison de logique et d’éthique : si a alors b si et seulement si a doit aller vers b) apparaît de plus en plus prédominante aujourd’hui, (filigrane de la Charte des Nations Unies et de divers Traités et Conventions) en particulier par sa pointe la plus « aboutie », à savoir la démarche dite “scientifique” basée sur un cycle d’hypothèses-vérifications validé par tel système de références (de mesures) qui “doit” cependant être reconnu par tous, tout en sachant cependant que la validité d’une démonstration ne peut pas se faire par un vote ou par autorité ; d’où d’ailleurs l’ambiguïté du terme de “consensus” (qui voit des “contestataires” perdre crédits et postes…) et comme il est vu également dans l’exemple malgré la démonstration du refus et ce depuis des lustres de tout partage en « Palestine »[4] provenant plutôt du côté arabe que juif, l’aspect « messianique » semble prévaloir sur sa dimension « raisonnable » y compris au sein des partisans occidentaux de « la » paix….
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Cette prédominance peut être également repérable dans la “croyance” en tel remède censé délivrer tel ou tel mal (alors qu’il peut le propager); de même la croyance en telle “solution” sinon miracle du moins définitive tel le scientisme prétendant résoudre les affres de la condition humaine en la médicalisant progressivement ; ou encore (également aujourd’hui)telle « conception » qui se présente comme la solution “scientifique” définitive non seulement de tel conflit mais du conflit humain lui-même…
De même en Relations Internationales il peut s’observer par exemple que ces « monstres froids » que sont les États déploient des « consensus » sur telle ou telle « réalité » (santé, climat, énergie, paix au Proche et extrême Orient, en Afrique, Amérique centrale, cause des flux migratoires et inégalité des échanges internationaux…) alors que de plus en plus d’observations démentent qu’il y ait, réellement, de tels « accords » sur ces « faits »; d’autant que les États n’ont que des intérêts et guère des actions désintéressées; mais, à l’opposé, il s’avère que le « coût de sortie » de ces « consensus » est tel qu’il est préférable pour certains États de rester sous leur hégémonie par peur de perdre subsides et soutiens…
Aussi il semble bien que selon la “conception” que l’on a de tel “réel” et aussi de l’élasticité que l’on est prêt à accorder à sa discussion “démocratique” va découler une certaine action dont les diverses modalités peuvent basculer sous la dimension de la seule croyance durcie par la prédominance d’une seule perception : concepts et percepts sont les deux faces d’une même médaille, celle de la raison, elle-même dédoublée en logique et éthique, mais toujours en vue d’un but dernier légitimant l’ensemble (la dimension « messianique » ou eschatologique) mais pouvant se durcir en idéologie idéocratique agissant alors sous forme de “destinée” impérative… : ainsi « il faut de toute urgence sauver la Terre par la décroissance » (alors que le développement économique, au-delà de ses contradictions internes comme le dumping social et l’absence de « normes miroirs », a permis de diminuer considérablement la misère l’inconfort la mortalité infantile dans le monde) ; « il faut de toute urgence une transition énergétique » (alors que nous avons le nucléaire) il « faut une solution à deux États » en Juda-Israël (alors que la partie arabe le refuse), « il faut démembrer la Russie, l’Ukraine » (alors que les accords de Minsk I et II permettaient une large autonomie et que depuis 2000 la Russie cherche à collaborer avec l’OTAN), « il faut enseigner la langue arabe, l’islam, parmi les populations immigrées en Europe » (alors que ces dernières sont en majorité d’origine Amazigh et africaines et que l’intégration/assimilation ne se fait pas ainsi)…
Et toutes ces injonctions sont tout autant du « messianisme » au sens destinal là-aussi qui peut être certes acceptable en régime « démocratique » s’il y a aussi possibilité de sa critique y compris radicale (au sens classique d’aller au fondement, à la « racine » : « critique de la raison pure » ou « critique du calcul infinitésimal[5] »…) au lieu de clore ainsi « la » pensée et dans ce cas basculer dans une société de plus en plus « close » (« totalitaire »?) alors que « nous » étions censés « vivre » sinon la « fin de l’Histoire »[6], du moins de plus en plus dans une « société ouverte », mais, d’ailleurs, “ouverte” jusqu’où ?… Telle pourrait être alors aussi « la » question séculaire chez les Grecs, les Romains, sans fondement ailleurs ou la place de « l’étranger » comme non-sens aujourd’hui également en Nouvelle-Calédonie, en Amazonie[7]….
Messianisme, réalisme, conceptualisme, trois termes en interaction permanente…
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INFORMATION : dorénavant (depuis le numéro 16, été 21…) et suite à de nombreuses demandes, DOGMA est enfin disponible en version papier, mais, pour le moment, uniquement sur le site d’Amazon
CONTENT :
MESSIANISME, RÉALISME, CONCEPTUALISME
Dr. Lucien Samir Oulahbib, Dr. Isabelle Saillot
CONCEPTUALISME, MESSIANISME ET RÉALISME :
LES DEUX MAMELLES DE LA POLITIQUE… ET SON SOUTIEN-GORGE
Par Liliane Messika
INTERVIEW (EXPLOSIVE) SUR L’ALIMENTATION
Par Dr. Lucien Samir Oulahbib
EXISTENTIALISME MINEUR ET ESTHÉTIQUE DE LA VIOLENCE DANS
LA PROSE OBSCÈNE DU PREMIER BOOBA (2000-2002)
Par Ulrich Metende
TECHNOLOGY: MINIMALIST PORTRAIT OF OUR PLANETARY MESSIANISM
By Marco Andreacchio
LES PERROQUETS ET LEURS PROCUREURS ONT PRIS LE POUVOIR EN ISRAËL
Par Jean-Pierre Lledo
LES LEÇONS FACTUELLES DE LA PRISE EN CHARGE DE LA CATASTROPHE COVID
Par Dr. Gérard Delépine
PROBLÉMATIQUES DU DROIT DE LA GUERRE DANS LA BANDE DE GAZA
Par David Cumin
IL ÉTAIT UNE FOIS THALÈS (PARTIE II). ORIGINE DE LA GÉOMÉTRIE ET GÉNÉALOGIE DES KRISIS (DE HUSSERL)
Par Niccolò Argentieri
IMPLICATION CITOYENNE ET OBSTRUCTION. SUIVI DE ÉLOGE DE L’ÉNERGIE NUCLÉAIRE
Par Michel Gay
CYBERNÉTIQUE ET AMÉRIQUE – LA POSTMODERNITÉ SELON MICHEL FREITAG
Par Baptiste Rappin
COMMENT DÉFINIR LA DERNIÈRE VAGUE ANTIJUIVE ?
Par Pierre-André Taguieff (CNRS)
CANCER ET BUSINESS. LE TRAITEMENT DU CANCER NE DEVRAIT PAS ÊTRE UN SUPERMARCHÉ
Par Dr. Gérard Delépine, Dr. Nicole Delépine
ABUSING “FASCISM”. WHAT EXACTLY DON’T WE LIKE ABOUT IT?
By Liah Greenfeld
100-100-300 : DIAFOIRUS À L’OMS. OU COMMENT NOTRE MÉDECINE HIPPOCRATIQUE CONTINUE DE NOUS EMPOISONNER DEPUIS L’ANTIQUITÉ
Par Dr. Isabelle Saillot
LE BOURREAU ET SON APPRENTI (EXTRAIT)
Roman de Claude Kayat, à paraître aux éditions France Univers
LA MAGIE : LES RAISONS HUMAINES D’UNE POPULARITÉ PERMANENTE
Par Abdelkader Bachta
