« Virago, virgo, viro major… et plus grande qu’elle-même, seipsa major »

Elisabeth G. Sledziewski
Université de Strasbourg (Institut d’Études Politiques)

Je ne partage pas les convictions politiques de Louise Michel : ni sa sainte colère anarchiste, ni son espérance révolutionnaire, ni son manichéisme. Comment cette penseuse des « figures étranges et hardies »(1) du processus historique peut-elle se contenter de l’idée simplette que le mal est toujours du même côté ? Comment cette lectrice de Hugo ignore-t-elle qu’aucune classe n’a le monopole de la vertu et que chez les Misérables, il y a aussi des Thénardier ? Quant à son « rien n’est à garder »(2), à son « vive la haine »(3), même s’ils sont là pour défier les chaînes et la mitraille, ils restent des cris de mort où j’entends encore résonner ceux des massacres de Septembre, et déjà ceux des terreurs populaires à venir. Non, je ne puis faire miens les

http://www.dogma.lu/pdf/EGS-Virago.pdf