L’idée de nature dans la pensée de Rousseau

Hichem Ghorbel
(Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, Département de Philosophie de l’Université de Sfax)

La nature est au centre de la philosophie de Rousseau. Elle constitue l’axe fondamental sur lequel s’édifie son discours anthropologique, moral et politique. Omniprésente, elle n’occupe pas seulement ses ouvrages doctrinaux, mais aussi ses écrits autobiographiques. Elle accompagne Rousseau dans ses idées et dans sa vie. Elle identifie son existence et sa pensée et constitue le socle sur lequel repose la partie critique et la partie constructive de son oeuvre. Mais,
en dépit de son importance, Rousseau ne la détermine pas d’une manière précise : « Toute tentative de définition du concept de « nature » dans le cadre de la pensée de Jean-Jacques est vouée à l’échec », note judicieusement Baczko1. Dans la même perspective, et comme l’explicite savamment Derathé, «Rousseau (…) ne donne pas de définition de la nature, mais il fait le portrait de l’homme naturel.»2.

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La liberté politique chez Montesquieu

Hichem Ghorbel
(Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Sfax, Département de philosophie)

Comme de multiples critiques l’ont montré, la notion de liberté occupe une place centrale dans la pensée politique de Montesquie1. Avant de la définir dans les quatre premiers chapitres du livre XI et de l’expliciter en tant que «système »2 dans les trois premiers livres de la seconde partie de l’Esprit des lois, le président de la Brède la mentionne pour la première fois dans le troisième chapitre du livre I où il a entrepris de préciser les rapports que peuvent avoir les lois positives avec les différents facteurs qui les déterminent et les font. «Elles (les lois) doivent se rapporter au degré de la liberté que la constitution peut souffrir »3. Montesquieu revient sur la même idée de liberté dans le chapitre 2 du livre VI. Tout d’abord pour montrer que « les peines, les dépenses, les longueurs, les dangers même de la justice, sont le prix que chaque citoyen donne pour sa liberté4.

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La dépendance de l’économie ou le libéralisme impur de Montesquieu

Hichem Ghorbel
Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Sfax, Département de
Philosophie

Différemment de Quesnay, Smith et Rousseau, Montesquieu n’a composé aucun ouvrage consacré entièrement à l’économie politique. L’absence d’un tel genre de traité systématique chez le Président de la Brède ne signifie nullement qu’il a négligé d’aborder les questions qui se rapportent au commerce, aux échanges et à la fiscalité. Un simple parcours de ses textes montre, au contraire, qu’il a donné tant d’importance aux faits et aux choses qui relèvent de l’économie. En effet, dans le Mémoire sur les dettes de l’Etat, essai de jeunesse présenté au Régent en 1716, le Président du parlement de Bordeaux se propose de résoudre le double problème de soulager l’Etat de ses dettes et les contribuables des impositions établies pour en assurer le service. Et dans le Mémoire contre l’arrêt du conseil du 27 février 1725, il revendique le droit de planter de nouvelles vignes dans la généralité de Guyenne pour le bien des vignerons des Landes et la prospérité de la France. En matière économique ou financière, les Pensées sont particulièrement riches en réflexions et en observations.

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Commentaire des Physiques d’Aristote par Thomas d’Aquin

Guy François Delaporte

Pour la première fois en langue française, la traduction du Commentaire des huit livres des Physiques d’Aristote de Thomas d’Aquin, offre la quintessence de ce qu’on a appelé l’“aristotélo-thomisme”. Encore méconnue des spécialistes d’Aristote, l’oeuvre constitue pourtant le sommet qui domine toute la tradition philosophique antique et
médiévale. Traversant les aléas critiques du modernisme et du scientisme des trois derniers siècles, ce commentaire brille d’une actualité renouvelée grâce à l’évolution des sciences physiques et humaines les plus récentes, avec lesquelles il est étonnamment en accord.

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Sexualité païenne et sexualité chrétienne pendant l’Antiquité tardive

François?Emmanuël Boucher
Directeur du Département d’études françaises
Doyen associé de la Division des études supérieures et de la recherche
Professeur agrégé/Associate Professor Collège militaire royal du Canada / Royal
Military College of Canada

La Sexualité païenne : prostitution, matrones et hiérarchie sociale.
Le comportement sexuel acquiert une grande valeur symbolique pendant l’Antiquité tardive. La plupart des Pères de l’Église ont écrit au moins un livre ou un opuscule sur ce sujet. Le plus souvent, leurs analyses diffèrent de celles de la tradition païenne. Une grande partie des doctrines chrétiennes se développent en opposition aux

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“Virago, virgo, viro major… et plus grande qu’elle-même, seipsa major”

Elisabeth G. Sledziewski
Université de Strasbourg (Institut d’Études Politiques)

Je ne partage pas les convictions politiques de Louise Michel : ni sa sainte colère anarchiste, ni son espérance révolutionnaire, ni son manichéisme. Comment cette penseuse des “figures étranges et hardies”(1) du processus historique peut-elle se contenter de l’idée simplette que le mal est toujours du même côté ? Comment cette lectrice de Hugo ignore-t-elle qu’aucune classe n’a le monopole de la vertu et que chez les Misérables, il y a aussi des Thénardier ? Quant à son “rien n’est à garder”(2), à son “vive la haine”(3), même s’ils sont là pour défier les chaînes et la mitraille, ils restent des cris de mort où j’entends encore résonner ceux des massacres de Septembre, et déjà ceux des terreurs populaires à venir. Non, je ne puis faire miens les

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LA GENESE DE LA SCIENCE ET LE SENS DE L’EVENEMENT

SECONDE PARTIE

3.2.2.1 La certitude du physicien : Isochronie, Expérience et Bon Sens A. Isochronie formelle. Nier l’isométrie ?? = ?? entre les deux occurrences d’un même rayon, ou la conservation de la même quantité absolue “2” chaque fois qu’elle se présente, revient donc à nier la possibilité de la mathématique. Si la mathématique pure est réelle – s’il nous est donné d’instituer un cercle géométrique [un nombre arithmétique] juste au travers de son nom – alors nous devons pouvoir instituer un double compas – une dyade de réciprocité externe/interne – comme égalisateur de circularité et garant de l’égalité extensive entres les différentes occurrences d’un même rayon.

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LA GENESE DE LA SCIENCE ET LE SENS DE L’EVENEMENT

Eduardo Caianiello
(EHESS – EIRONEIA)

SYNOPSIS
Dans cet essai je me propose de rétablir le Temps en tant que dimension pure apriori de l’enquête scientifique. La thèse défendue est que le temps t se manifeste dans l’événement e, révélé – et donc mesuré – par la fréquence f, que je reformule comme f=e/T à la place de f=1/T .
Pour exposer cette thèse, j’ai choisi une méthode dialectique, en l’opposant aux idées d’Henri Poincaré, en ce qu’elles expriment la position d’une entière époque scientifique. En négatif j’affirme qu’Henri Poincaré a raté la notion mathématique rigoureuse (galiléenne) de temps pur, et donc d’Isochronisme, et cela puisqu’il a pulvérisé l’événement, ce dernier étant pour le temps ce que le corps est pour l’espace. Je chercherai de démontrer qu’avec sa vision du temps, Poincaré ne peut pas rendre compte du noyau le plus essentiel de sa vision, à savoir de son idée occasionaliste et génétique de la science, de sa forme donnée, et des dynamiques qui en jalonnent les allures fondamentales.
Positivement, l’idée centrale de cet essai est qu’à côté du principe de raison suffisante, l’événement est le fondement de la Loi d’Isochronisme, dont la nature logico/métaphysique est d’exprimer le principium individuationis de tout phénomène physique, en sa pureté mathématique et expérimentale.

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Éducation à la science et science de l’éducation

Eduardo Caianiello

Le chiasme philosophique du nouveau millénaire
(Ce qui suit, ce sont les notes sur lesquelles j’ai basé mon exposé oral)

Dans ma conférence du juin 2008 sur Proust, Poincaré, Piaget et la naissance du symbole mathématique et littéraire, il était question de la nature intimement génétique du symbole, en général. La matière du symbole est le temps. La science est dans son devenir créateur (Poincaré/Dedekind) ; l’esprit humain est dans le processus continu de sa propre genèse (Piaget/Bergson) ; la matière première de la vie mentale est le temps signifiant de la narration (Proust/Galilée).

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Le corps en puissange

Ce travail se situe dans la lignée de tout ce que j’ai publié jusqu’ici sur açgma [Caianiello 2008, 2009a] et plus en général du complexe de mes recherches, qui ont pour but de parvenir à une théorie unitaire et cohérente de la personne humaine en ses processus évolutifs, insécablement physiques et mentaux.
Entre octobre 2008 et avril 2009 açgma a publié iagenèse de la science et le sens de l’éîénement. `çntêe mçincaêé [Caianiello 2009a] où je construis une critique radicale de la conception poincariste du temps et de la science, pour positivement proposer une solution kantienne/cassirerienne au défi que Poincaré lance en affirmant l’impossibilité d’une définition rigoureuse d’isochronisme et de simultanéité. Ma réponse a été qu’une telle définition est au contraire nécessairement possible car nous “devons pouvoir” accéder au teméséuê, en deçà de toute matière et de tout espace, sans quoi aucune science ne serait possible en sa structure donnée, et en ses dynamiques de naissance/évolution. Cet essai est maintenant devenu la première partie d’un livre – ia science et la îçix de l’éîénement– actuellement en impression chez les Editions de l’Harmattan, Paris,

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