L’humanisme intégral d’Auguste Comte

Juliette Grange
« L’appel d’Auguste Comte à la responsabilité morale reçoit des circonstances présentes une signification accrue. »
R. Aron, La Société industrielle et la guerre, 1959.

La religion de l’Humanité d’Auguste Comte est l’un des aspects les plus discutés et les plus mal connus de sa philosophie1. Il faut, pour en saisir l’esprit, d’abord la resituer dans un contexte, celui du romantisme français. L’altruisme comtien comme morale sociale, n’est pas réductible à la religiosité de l’époque mais il en participe. À propos de la première moitié du XIXe siècle français, on évoque l’intériorisation romantique de la foi, la poésie comme mode d’accès à une vérité étrangère à la raison, le spiritualisme voué à l’observation introspective du moi.
On fait moins volontiers état des penseurs sociaux, de la question religieuse telle qu’elle est posée au travers d’une définition nouvelle d’une forme particulière d’humanisme qui traverse la littérature, les travaux de philosophie sociale ou d’histoire. Le romantisme français est philosophique autant que littéraire, politique parce qu’il est religieux2. Le Nouveau christianisme de Saint Simon, la religion de l’Humanité de Comte, Pierre Leroux, Hugo et Michelet, Quinet, Lamartine, Lamennais, Chateaubriand même et d’autres, tous s’interrogent sur la place du spirituel.

http://www.dogma.lu/pdf/JG-HumanismeComte.pdf

What is the meaning of the wave function?

JEAN BRICMONT
Institut de Physique Théorique Université Catholique de Louvain, Louvain-la-Neuve, BELGIUM

Abstract
I will review the constraints that the no hidden variable theorems put on the interpretations of quantum mechanics and on the locality of the universe. I will also briefly explain how Bohm’s theory gives a clear and objective meaning to the wave function and, at the same time, explains in the simplest possible way the most paradoxical aspects of quantum mechanics.

http://www.dogma.lu/pdf/JB-wave_function.pdf

La théorie modale des types linguistiques constructibles et la critique de la philosophie platonicienne de l’existence

Mlika Hamdi

Dans l’ouvrage sur lequel je vais m’appuyer pour mettre au clair les traits distinctifs du projet antiplatoniste du philosophe américain Charles S. Chihara, à savoir Constructibility and Mathematical Existence1, l’auteur nous dit clairement, qu’ayant été longtemps influencé par les idées antimodalistes de Quine, il ne pouvait pas conclure à une solution systématiquement satisfaisante aux problèmes qui relèvent de l’épistémologie et de l’ontologie des mathématiques. Dans ce livre, Chihara propose donc un système philosophique au sujet des mathématiques,
directement opposé à celui élaboré par Quine, étant donné que ce dernier écarte définitivement la possibilité d’utiliser les notions modales, même de façon limitée et partielle comme le préconise à juste titre Hartry Field
(1989).

http://www.dogma.lu/pdf/HM-TheorieTypes.pdf

Arguments d’indispensabilité et métascience chez Quine

Mlika Hamdi

L’épistémologisation de la réflexion sur les mathématiques a donné lieu à des arguments dits les arguments d’indispensabilité. Ces arguments peuvent plaider en faveur du platonisme aussi bien que de l’antiplatonisme en mathématiques. C’est là d’ailleurs tout le sens de la polémique entre Hartry Field et Quine. Il est indispensable, à
mon avis, de séparer ces arguments de la thèse d’indipsensabilité elle-même.
La thèse d’indispensabilité semble être le résultat direct de ce choix épistémologique, fondamental chez certains philosophes contemporains, qui consiste à insérer la réflexion sur la mathématicité dans un projet épistémologique bien défini.

http://www.dogma.lu/pdf/HM-QuineMetascience.pdf

Applicabilité et physicalisation au sujet des mathématiques

Mlika Hamdi

C’est à Mark Steiner (1995, 1997) que revient le mérite d’avoir mis en valeur un certain nombre de problèmes philosophiques qui tombent dans le champ de l’applicabilité ou de l’effectivité1 des mathématiques, et de les avoir placés, après Frege sans doute, au centre même de ce que nous appelons aujourd’hui leur philosophie. Il s’agit de décrire l’essence du discours mathématique et le mode d’être de ses objets (s’ils existent !), et plus particulièrement, de mettre au jour les formes possibles de son utilisation par les autres discours (l’économie, la politique, la physique des quanta, par exemple, lorsqu’elles utilisent les statistiques et le calcul des probabilités) et de son application
dans l’étude des phénomènes empiriques. En effet, l’une des questions centrales de cette branche fertile de la philosophie analytique que nous appelons la philosophie des mathématiques, est la question de la nature des rapports qui relient (ou délient) les mathématiques (surtout la géométrie) au monde physique et au champ de l’expérience: Quel est le rapport des lois et propositions mathématiques au monde réel et quel est leur véritable statut dans une connaissance irréversiblement symbolique qui tend à caractériser le plus objectivement possible les traits et les relations de ce réel ? À quel point Mill a-t-il raison de dire que les lois arithmétiques sont, comme les lois de la nature, de nature inductive ?

http://www.dogma.lu/pdf/HM-Physicalisation.pdf

La nature de l’objet mathématique peut-elle rendre compatible phénoménologie et analyticité en philosophie?

Hamdi MLIKA
Mlika_hamdi@yahoo.fr

La question que je voudrais poser ici est la suivante:
L’étude portant sur la nature de l’objet mathématique peut-elle nous aider à dépasser le clivage entre deux types de pensée philosophique l’une qui serait continentale s’inspirant des méthodes herméneutiques, historiques et phénoménologiques, et une autre qui serait analytique se basant sur l’analyse du langage, la logique symbolique et les mathématiques pures et appliquées, en rendant compatibles (et pourquoi pas solidaires) les deux types d’approche en philosophie ?
Ce qui pose problème ici, ce n’est pas cette intention ambitieuse en elle-même qui consiste à rapprocher les deux tendances et les deux méthodes de la philosophie contemporaine, mais plutôt le fait qu’on y parle d’une nature de l’objet mathématique ! L’objet mathématique, le nombre 0 par exemple, a-t-il une nature en soi et une existence objective ? ou dépend-il plutôt de la manière avec laquelle nous esquissons sa compréhension en d’autres termes nous esquissons sa définissabilité c’est-à-dire, son élimination

http://www.dogma.lu/pdf/HM-ObjetMathematique.pdf

L’objectivation fidèle de l’activité de la raison: Le nombre comme objet logique

Hamdi MLIKA
Mlika_hamdi@yahoo.fr

Il s’agit ici de revenir sur une citation de Jean Largeault dans son grand et magnifique ouvrage (500 pages) intitulé : Logique et philosophie chez Frege, où il avait écrit la phrase suivante: ” Les énoncés de la logique et de l’arithmétique sont l’objectivation fidèle de l’activité de notre raison.”, et essayer de l’analyser. Je pense que cette analyse porte en germe la motivation principale de tout le projet logiciste de Frege : c’est-à-dire chercher à fonder l’objectivité de la mathématique sur des bases purement rationnelles et strictement analytiques sans recours à aucune intuition. Cette union sacrée entre logique et mathématiques dans le cas précis de la définition du nombre exprimée philosophiquement dans le logicisme n’est en vérité que la réalisation d’un idéal de rationalité analytique, capable aux yeux de Frege de mettre au point les termes de l’objectivité logique des énoncés arithmétiques annoncée dès 1979 dans l’Idéographie. Ce que je dis n’enlève rien du caractère problématique de ce projet dit logiciste surtout dans sa version russellienne.

http://www.dogma.lu/pdf/HM-Nombre.pdf

Conventions et lois de la Science chez Angèle Kremer-Marietti

Hamdi Mlika
(Département de philosophie, Faculté des lettres et sciences humaines de Kairouan)

Je vais tenter dans cet article d’analyser la réponse donnée par la philosophe française Angèle Kremer-Marietti à la question de la nature des arguments dits conventionnalistes du point de vue de leur rapport aux lois de la science.
Je vais essayer de montrer comment le type de conventionnalisme qu’elle tolère est celui qui remonte à Poincaré, mais aussi, et en un certain sens, à Wittgenstein dans la mesure où il est lié aux libres choix des concepts et des systèmes de signes, par-delà toute théorie réaliste rigide stipulant une quelconque forme de nécessité de re.
Il faut insister dès maintenant sur le fait que la philosophie des sciences d’Angèle Kremer-Marietti ne redéploie aucun concept substantiel de la vérité de la science et de son objectivité. Les arguments conventionnalistes interviennent précisément dans sa philosophie des sciences pour renforcer une certaine coupure entre la conception traditionnelle de l’objectivité et le recours aux conventions: les conventions veulent dire avant tout des stipulations qui dépendent de notre langage, un langage que nous créons et contrôlons librement.

http://www.dogma.lu/pdf/HM-KremerMarietti.pdf

L’identité: une constante logique ou un prédicat appartenant au lexique?

Mlika Hamdi

Ce texte est tiré d’un mémoire de D.E.A soutenu en 1993 à Paris I sous la direction du Prof. Jacques Bouveresse. Ce n’est qu’à l’instant où je me prête à publier ce texte que je découvre l’article de Mme Leila Raidintitulé : « L’identité de l’objet : l’héritage humien de Quine », publié dans la Revue de Métaphysique et de morale, 2003/2- n°38, pp.181-
197. Au moment où j’ai commencé à lire cet article, mon texte était prêt pour être publié dans Dogma : il constituera d’ailleurs le noyau d’un livre en cours de rédaction finale et ans lequel je reviendrai sur les thèses de Mme Leila Raid qui sont largement sujettes à discussion surtout autour de la question des rapports entre Quine et Hume.

http://www.dogma.lu/pdf/HM-Identite.pdf

Rousseau : de l’origine des langues à leur dégénérescence

Hichem Ghorbel

Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Sfax, Département de
Philosophie

Comme l’indique Méchael D’oea avec érudition, précision et subtilité, « une lente réévaluation des écrits musicaux de Jean-Jacques Rousseau est en cours depuis de nombreuses années déjà : c’est sans doute grâce à des études de Jean Starobinski (1966) et de Jacques Derrida (1967) que ce processus s’engage. Une fois sorti de l’obscurité, un des écrits musicaux, l’Essai sur l’origine des langues, connaît un sort exceptionnel : longuement étudié par Derrida, l’Essai est rapidement reconnu comme une des oeuvres majeures. Une édition critique en est procurée en 1968 par Charles Porset, et quelques années plus tard des recherches entreprises à Neuchâtel par Marie-Elisabeth Duchez et Robert Wolkler, travaillant indépendamment, mettent fin à une vieille controverse en permettant de dater la version définitive de l’Essai au début des années 1760.»

http://www.dogma.lu/pdf/HG-Rousseau.pdf