Mélika Ouelbani, Wittgenstein et Kant. Le dicible et le connaissable

Hamdi MLIKA

Mélika Ouelbani, Wittgenstein et Kant. Le dicible et le connaissable. Cérès Editions, Tunis, 1996, 152 pages.

Le livre de Mme Ouelbani, Professeur à l’université de Tunis, Professeur associé à Paris 4, se compose d’une introduction et de deux grandes parties communicantes :
(1) La première partie est consacrée à Wittgenstein (W), intitulée : Que puis-je dire ? Wittgenstein et la question du sens du Tractatus aux Investigations philosophiques, pp. 11-72
(2) La deuxième est consacrée à Kant (K), intitulée : Que puis-je connaître ? Science et métaphysique chez Kant à partir de La Critique de la Raison Pure, pp. 73-152.

http://www.dogma.lu/pdf/CR-MlikaOuelbani.pdf

Ridha Azzouz, Le concept de dialectique dans la philosophie de Bachelard

Hamdi MLIKA

Ridha Azzouz, Le concept de dialectique dans la philosophie de
Bachelard. Le Gai Savoir, Tunis, 2006, 236 pages.

Dans son article : « La création scientifique selon Poincaré et Einstein »1, Paty écrit ce
qui suit:

« Les ouvrages plus récents qui prennent en compte le rôle de l’imagination dans la
recherche scientifique mettent en relief son aspect psychologique, mais laissent
dans l’ombre sa fonction pour la rationalité, sinon pour renvoyer à une dimension ‘esthétique’ qui reste vague. »

Je pense que Paty a raison, sauf peut-être dans le cas de Bachelard chez qui nous pouvons constater comment l’analyse de l’imagination dans l’activité de la science peut s’associer à sa dimension rationnelle.

Le livre de Ridha Azzouz, Maître de Conférences de philosophie à l’Institut Supérieur de Théologie de Tunis, qui n’est que le texte de sa Thèse de troisième cycle, soutenue à Tunis en 1982 sous la direction du Professeur Henri Vergote, a réussi largement à mettre au clair cette vérité dans l’oeuvre de Bachelard.

http://www.dogma.lu/pdf/CR-MlikaAzzouz.pdf

Le nouvel idéal politique

Lucien Oulahbib
d’Edwige Kacenelenbogen2
(Avec un « Avant-Propos » de Pierre Manent)

(…) mais où est passé le politique ? L’enjeu de cet essai est de mener l’enquête sur sa disparition
au sein des théories actuelles de la démocratie. (…). Il ne s’agit plus pour les instances
décisionnelles de « conduire », de « guider » ou d’« imprimer » à la communauté son mouvement.
L’action politique n’est pas censée émaner d’une personne ou d’un groupe de personnes, mais du
système croisé d’interactions et de représentation qui lie les citoyens — tous les citoyens entre
eux. Une conception du pouvoir a émergé (…) la source du pouvoir se situerait dans le peuple, ou,
plus précisément, dans l’interaction, la délibération, la communication entre les citoyens. Car c’est
désormais de cette interaction, et d’elle uniquement, que les règles, les lois du politique peuvent
légitimement naître3.

http://www.dogma.lu/pdf/CR-LSO-IdealPolitique.pdf

Thomas Sowell, Affirmative Action around the world (an empirical study)

Lucien Oulahbib

Le livre de Thomas Sowell, Affirmative Action Around the World1, a adopté une démarche résolument empirique parce qu’il veut combattre certains préjugés qui corrèlent bien trop aisément l’amélioration des conditions de vie des minorités ethniques de l’adoption de lois favorables à leur égard. Il nous apprend ainsi que dans les pays qui ont connu de fortes tensions inter-ethniques, les discriminations ont été bien plus amoindries du fait de l’évolution des sociétés que des politiques volontaristes engagées. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’ait pas existé ou qu’il ne soit pas possible d’établir des constats permanents sur sinon un racisme du moins une xénophobie « ordinaire ». Mais il ne faut pas confondre ces deux aspects. Ainsi, au moment où des dispositions sont prises aux USA avec le Civil Rights Act (1964), Sowell montre qu’il existait déjà des améliorations certaines de la condition noire : « Il est pratiquement ignoré que la proportion de noirs occupant des positions élevées a augmenté considérablement durant les années précédant le Civil Rights Act. » (p.20). C’est la thèse majeure de Sowell. En fait, certaines de ces dispositions prétendant améliorer le sort de minorités dites « discriminées » ont eu deux effets pervers non quelconques : elles ont plutôt envenimé qu’apaisé les relations inter-ethniques, tout en affaiblissant la position de ceux qui étaient au départ concernés.

http://www.dogma.lu/pdf/CR-LSO-AffirmativeAction.pdf

Joseph-François Kremer. Les formes symboliques de la musique

Khadija Ben Hassine Ksouri, Université de Tunis
Paris : Klincksieck, 1984. [ISBN 2-86563-066-8]. Réédition L’Harmattan, 2006.

La réflexion esthétique est généralement une réflexion de spectateur. L’artiste est celui dont on «reconnaît l’acte sur l’oeuvre »1, celui « que l’oeuvre révèle », l’activité créatrice étant l’objet de la réflexion. «Créer et goûter la création restent deux comportements bien différents (qui) se rencontrent rarement chez un seul individu» 2.
Le livre de Joseph-François Kremer, Les Formes symboliques de la musique, constitue l’une de ces rares occasions où le compositeur interprète est lui-même l’auteur de la réflexion philosophique sur l’art qu’il pratique, une illustration de ce que la dimension créatrice de l’artiste peut apporter à la réflexion philosophique. Pour écrire son livre, Joseph-François Kremer n’a pas eu à se déterritorialiser, à s’installer en observateur analyste sur la rive opposée à celle de l’artiste créateur. La construction conceptuelle du philosophe épris de formes puise sa matière dans la production de plaisir de l’artiste épris de concepts. Le résultat est une esthétique double : esthétique de la création et esthétique de la réception.

http://www.dogma.lu/pdf/CR-KBHK-JFK.pdf

Comment Michel Onfray réarme la philosophie contre Freud, et derechef contre Dieu

Alain Jugnon

«La liberté est une matière dont les phénomènes singuliers sont les individus.»
Novalis

Le crépuscule d’une idole est un titre nietzschéen, et c’est bien le titre qu’il faut au nouveau livre de philosophie de Michel Onfray. C’est un beau et bon titre pour casser une idole, une idole de plus pour Onfray : après Dieu, Freud.
Freud lui-même n’en aurait pas voulu à Onfray. Entre lui et Dieu, idoles autoproclamées, il est entendu que les déconstructeurs égaliseront et ravaleront en grand et de droit. Ce n’est pas pour leur déplaire : il y a un effet de la philosophie que les maîtres anciens doivent à nouveau craindre de la part de la modernité. Le jeu est d’abord politique et la pensée en première instance féroce.
Michel Onfray sait cela et a donc toutes les raisons de vouloir en finir avec Freud. Le freudisme comme le monothéisme ont encore de beaux jours devant eux, mais grâce au livre d’Onfray la philosophie y aura gagné de la critique et de la clinique, c’est le métier qui veut cela.

http://www.dogma.lu/pdf/CR-JugnonOnfray.pdf

Stéphanie Couderc-Morandeau, Philosophie républicaine et colonialisme

Angèle Kremer Marietti
Stéphanie Couderc-Morandeau, Philosophie républicaine et colonialisme.
Origines, Contradictions et échecs sous la IIIè République. Paris, L’Harmattan, 2008.

Philosophie républicaine et IIIè République vont de pair, inspirées l’une et l’autre par le rationalisme et le positivisme, et ensemble, comme d’un même parti pris, elles conditionnèrent l’apogée de la colonisation française. Stéphanie Couderc-Morandeau a eu le courage de se lancer à l’assaut d’un tel complexe fait à la fois de conquête et de refondation. On peut dire qu’elle a réussi à cerner cette question épineuse et encore douloureuse chez certains peuples.
L’auteur qu’il faut donc remercier pour cette étude ambitieuse annonce quel en est l’objectif : expliquer les rapports de la philosophie républicaine, c’est-à-dire une « philosophie de la connaissance », et de la question coloniale. À travers les méandres de l’histoire et de l’idéologie, sont démêlées les divergences entre un idéal colonial, prometteur de progrès, et une pratique coloniale, souvent arbitraire. L’action de coloniser méritait compréhension ainsi que toutes les décisions éthico-politiques qu’elle suscita.

http://www.dogma.lu/pdf/CR-AKM-PhilosophieRepublicaine.pdf

Le sens de la perception chez Wittgenstein

Chiara Pastorini

Aborder la question du sens de la perception chez Wittgenstein conduit à s’interroger à plusieurs niveaux. Tout d’abord, il faut se demander s’il y a un sens à parler de perception chez le philosophe et, dans le cas, essayer d’en cerner les termes et les contours. En deuxième lieu, et c’est là un point plus important, la question est de savoir s’il est possible de parler de perception en termes de sens; autrement dit, si la perception a une signification et, le cas échéant, quels sont les termes à travers lesquels analyser cette dimension sémantique de la sensibilité. Cette interrogation n’implique pas seulement une enquête sur les rapports entre la perception et le sens, mais aussi entre la perception et les dimensions autres de notre rapport au monde telles que le langage et la pensée.

http://www.dogma.lu/pdf/CP-WittgensteinPerception.pdf

Vive la Tunisie!

Éditorial par Angèle Kremer Marietti et Thierry Simonelli

C?est avec un immense plaisir que nous voulons honorer la Révolution tunisienne, l?événement historique le plus marquant et le plus prometteur de l?actualité humaine. Nous reconnaissons aussi cette révolution pour le sens
philosophique qu?elle porte et la valeur humaine qu?elle symbolise aux yeux du monde, au seuil de la nouvelle année. Nous avons toujours été heureux et fiers de pouvoir accueillir dans notre revue électronique, lue dans le monde entier, les contributions de nos amies et amis intellectuels tunisiens.
Nous saluons avec enthousiasme et admiration la rapide et nette révolution du peuple tunisien, qui travaille actuellement à fonder le gouvernement futur qui sera le sien ! Un peuple s?est soulevé comme un seul homme avec une volonté unanime de conquérir une liberté qui lui fut si longtemps confisquée par la dictature, après la mise en place des justes institutions qui avaient été fondées, au sortir de la colonisation, par Habib Bourguiba.

http://www.dogma.lu/pdf/Collectif-VivelaTunisie.pdf

De Nietzsche à Kant : l’autonomie en Procès

Mohamed Ben Arous
Variations sur les ambiguïtés du concept d’autonomie:
polysémie et utilisation dans différents registres de la pensée et des pratiques sociales

Il est de prime abord loisible de constater le fait que nous avons affaire ici à un concept, à la fois polémique et libérateur, dont le déploiement souvent impulsif aiguille toute personne avide d’autodétermination, de liberté, de choix d’action, voire d’autarcie, face à l’engrenage d’un quotidien souterrainement régi par une logique de domination et de répression. La question de l’autonomie toucherait dans cette optique l’être humain au plus vif de sa chair, mais ceci pour des raisons multiples, voire contradictoires qu’il y a hic et nunc tout lieu de démêler.

http://www.dogma.lu/pdf/BA-NietzscheKant.pdf