Interpréter et expérimenter

Abdelaziz Ayadi
Faculté des Lettres et sciences humaines de Sfax
Département de philosophie

Interprétation et expérimentation sont-elles exclusives pour les formuler dans une alternative que rien n?empêche sa transformation en dilemme rappelant le fameux lit de Procuste ? Est-ce une erreur de postuler la contemporanéité de l?interpréter et de l?expérimenter ? Est-ce que l?un ne se constitue que par l?anéantissement de l?autre ou du moins par sa disqualification ? Si le rapport est aussi antagoniste, comment comprendre alors une visée commune qui fait et de l?interprétation et de l?expérimentation une création communicable ? Visée commune, oui, mais tout le problème réside encore une fois dans la détermination de la priorité et de la nécessité de la création ou de la communication. Qu?elle soit communication, l?interprétation l?a toujours été depuis son étymologie grecque comme hermenein et jusqu’à ses figures récentes chez Habermas, pour ne citer que lui. Qu?elle soit création, l?expérimentation l?est effectivement comme experere, comme généalogie du présent, comme force créatrice ou comme acte innovateur singulier. Qu?est-ce qui fait donc la difficulté ou même l?impossibilité de la rencontre ? Ne s?agit-il, entre interpréter et expérimenter, que d?un malentendu ou d?un litige qui peut être tranché équitablement ou bien le différend est-il plus profond entre deux régimes hétérogènes dont la prédominance de l?un n?apporte que tort et dommage à l?autre?

http://www.dogma.lu/pdf/AA-Interpreter.pdf

L’éthique problématique : résistance et résurgence

Ayadi Abdelaziz
Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Sfax
– Département de philosophie –

L’éthique problématique: résistance et résurgence

Colloque international Croyance, Savoir et Normes
1-2-3 mars2007 à la Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis

Ethique problématique, éthique interrogative, éthique de la résurgence, éthique de la
problématicité, éthique de l’inachèvement, éthique persévérante,… tant de formules qui
expriment qu’il y ait problème. Mais qu’est ce que le problème et qu’est ce qui fait
problème ? Le problème n’est pas une perplexité subjective et provisoire due à la
limitation de la connaissance devant un fait, il n’est pas la difficulté que présente un
contexte culturel et que nous sommes tenu de surmonter, il n’est pas non plus le
complexe de questions-réponses. Il est plutôt la tourmente que n’épuise aucune réponse
ou aucune solution qui vise sa réduction au silence. Le problème n’est pas constitué, il
est à constituer1. Sommes-nous toujours capables de décider et d’inventer le problème ?
Voilà ce qui fait problème. Ainsi, l’éthique problématique n’est ni la désignation d’un
état de malaise, ni la revendication implicite d’un metron qui exclut toute démesure. Le
problématique est l’intempestif de l’éthique. Toutefois, l’intempestif n’est pas l’universel,
puisqu’il n’est ni commencement, ni fin, mais un devenir-revenir. Et même si notre
époque peut épuiser l’éthique, c’est la problématique qui demeure épuisante. D’ailleurs
l’éthique n’est problématique que par une sorte de diplopie, de retour interrogatif sur
elle-même.

http://www.dogma.lu/pdf/AA-EthiqueProblematique.pdf

Édition Printemps-Été 2018

Édition Printemps-Été 2018

Dans ce nouveau numéro de Dogma, vous trouverez des articles montrant que l’actualité ne se résume pas à ce qu’en disent les médias, ou des personnalités pas toujours interrogées à bon escient. La science, la politique et l’économie sont des pratiques aux fondements historiques et philosophiques : c’est ce que notre époque oublie trop souvent. La dérive des concepts – et le lot de malentendus qui en découlent – brouillent bien souvent la pensée.
Nous espérons que vous trouverez l’inspiration, dans ces pages, d’approfondir votre réflexion autour de quelques thèmes centraux de notre monde contemporain.
Bonne lecture !

Articles

Comptes-rendus

Le texte religieux dans l’oeuvre de Clément Marot: de la citation à l’ex-citation

Zahra Chaouch
Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Kairouan

Il n’est pas anodin d’examiner le fonctionnement et la fonction de la citation du texte religieux, dans l’oeuvre d’un poète militant comme Clément Marot, un poète qui, par une parole ambiguë et versatile, exprime des positions religieuses équivoques et jamais définitives.
Appartenant à l’ère du scepticisme1, influencé par des penseurs et des théologiens comme Erasme, Luther et Calvin, participant aux controverses religieuses, militant pour l’évangélisme*2 avec le Groupe de Meaux3, sans doute, ce poète accorde-t-il à la citation du texte religieux un statut crucial.

http://www.dogma.lu/pdf/ZC-MarotTexteReligieux.pdf

Postures et impostures du corps: de Clément Marot aux poètes modernes

Zahra Chaouch
Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Kairouan

Introduction
Qu’est-ce que la subjectivité ? Est-elle, l’effusion lyrique, cette expression ostentatoire du je, ou la simple déclaration d’identité de celui qui écrit ? Peut-elle se définir sans le recours au corps comme support de toute expérience du sujet, qu’elle soit existentielle, esthétique ou heuristique ? Le corps n’est-il pas « l’interface entre le moi et le monde »1 ?
La subjectivité littéraire serait l’écriture d’une expérience à la fois existentielle, heuristique et esthétique vécue par le moi-corps. Mais, conçue comme telle, caractérise-t-elle seulement la littérature moderne, celle du XIX ème et du XX ème siècles?

http://www.dogma.lu/pdf/ZC-MarotCorps.pdf

Biologie et «principe du consensus universel» chez Auguste Comte

Zeïneb Ben Saïd Cherni
Professeur à l’Université de Tunis

Dans Le Discours sur l’ensemble du positivisme de 1848, Comte annonce que l’esprit positif va se replacer à jamais sous la domination du coeur2. La synthèse subjective va faire de telle sorte que : « la nouvelle philosophie se trouve entraînée à devenir plus morale qu’intellectuelle et à placer dans la vie affective le centre de sa systématisation »3. L’amour est le principe de bonheur public et privé Il est tendresse et attachement désintéressé. Il s’agit de placer le bonheur privé et public, voire même universel, dans l’essor direct et continu des affections bienveillantes ; une éducation du coeur secondée par l’esprit pourra y pourvoir. La préparation primordiale est celle de la tendresse des deux sexes, suivie des autres affections domestiques. Tous les aspects de la morale, même personnelle, finiront par se rattacher à l’amour du Grand-Être qui leur procurera la plénitude de leur déploiement.

http://www.dogma.lu/pdf/ZBSC-ComteBiologie.pdf

Modèle épistémique et sémiologie chez Comte à partir d’une lecture d’Angèle Kremer-Marietti

Zeïneb Ben Saïd Cherni
Professeur à l’Université de Tunis

La réflexion sur la sémiologie chez Comte a constitué un axe de réflexion original qui a préoccupé Angèle Marietti depuis son travail de thèse sur l’anthropologie positiviste de Comte et s’est étalé sur ses écrits suivants entre le signe et l’histoire : son article dans une revue canadienne de sémiotique2, puis dans son dernier ouvrage Le Kaléidoscope épistémologique d’Auguste Comte3. L’idée-force d’Angèle Marietti est que la pensée de Comte est régie par une approche épistémique sémiotique dont les origines sont d’ordre mathématique. Les abstractions nécessaires ou « le général abstrait », qui prend ses distances à l’égard de la pratique, est l’une des exigences du positivisme par laquelle il se démarque d’ailleurs de l’empirisme. Toute pratique doit être précédée par une théorie. Pour se livrer aux observations notre esprit a besoin d’une théorie quelconque, admet Comte.

http://www.dogma.lu/pdf/ZBSC-ComteAKM.pdf

Unique Identity

Jacobus Meeuse

Preface
I was given the opportunity to examine four great theorists, William E. Connolly, Emmanuel Levinas, Martin Heidegger and , Friedrich Nietzsche, in an attempt to shed some light on the idea of identity. Arguments concerning personal identity vary and there is an illusory aspect concerning the identity that theorist seem to often miss in their explanations. I have tried taking into account the various arguments concerning personal identity and have included ideas that encompass the part of ourselves that is beyond explanation. In the age of internet, with mass media becoming more and more interactive and each person becoming an interchangeable persona amongst friends and
strangers, the idea concerning who we are becomes more of a looming question. The awareness that we are more than our persona and that we wear different hats from place to place, internet site to internet chat room, makes who we are apparently more malleable. We have become more aware to what affects us and to how it affects us, who we are, who we can become and not, who we are not and who we are aspiring or pretending to be. What is to us our persona and who we are, as a constant or variable, becomes a prevalent subject of our being. To be able to understand what personal identity is, is needed more today than ever. Thus this examination is pertinent in our
contemporary world of multiple personas and the stable self that remains in each personality we portray.

http://www.dogma.lu/pdf/VP-UniqueIdentity.pdf

Des droits de l’homme aux droits de l’autre homme

Steeve Elvis ELLA
Doctorant en Philosophie Université de Paris-Est Marne-la-Vallée Chargé de cours à Marne-la-Vallée (IFIS) s.ella@hotmail.fr

Mesdames, messieurs, chers invités, chers amis, amis de la philosophie, amis du savoir, amis de la pensée, Je voudrais tout d’abord rendre grâces à madame Angèle Kremer Marietti qui me fait l’honneur en ce jour du 24 février 2010, ici à Paris, dans cette salle de la Maison d’Auguste Comte, qui est un lieu d’échange d’idées et de transmission des connaissances, de parler de mon livre1
1[1] Steeve Elvis Ella, Emmanuel Levinas. Des droits de l’homme à l’homme. Préface de Stamatios Tzitzis, Paris, L’Harmattan, 2009.

http://www.dogma.lu/pdf/SEE-DroitsHomme.pdf

«La mort de Pompée» de Corneille : Entre une guerre injuste et une vengeance justifiée

Stéphanie Bélanger

Lorsqu’en 49 avant notre ère, César entreprend de traverser le Rubicon pour marcher sur Rome, bien qu’il déclare ainsi la guerre civile, il ne bouleverse pas qu’une seule ville, il n’assiège pas qu’une seule forteresse, il n’ensanglante pas qu’un seul peuple. Rome était déjà une immense République et elle était sur le point de devenir un des plus grands Empires que l’Histoire ait jamais connu. Au tournant du XVIe siècle, les historiens français s’intéressent tout particulièrement à cette période. Elle offre, il est vrai, plusieurs liens avec leur propre époque : guerres civiles, guerres d’expansion, renforcement de l’absolutisme. Par exemple, Coeffeteau, historien français dont l’Histoire romaine a eu plus de cinquante éditions entre 1621 et 1680, s’intéresse au texte de Florus, historien latin, qui a décrit avec grande conviction l’étendue des désastres liés à la guerre civile romaine.

http://www.dogma.lu/pdf/SB-Corneille.pdf