La sous-estimation de la dimension politique dans les sciences sociales contemporaines

Lucien Samir Arezki Oulahbib

Résumé: L’on réduit souvent dans certaines études sociologiques et géopolitiques les dimensions politiques de l’acteur aux facteurs psychologiques, par exemple la théorie de «l’humiliation» alors que cette dernière peut ne pas être en soi injuste ; et l’on surdétermine les facteurs socio-économiques comme s’il n’y avait dans les rapports de pouvoir, ni sujet ni acteur, mais seulement l’agent «dominé» alors que la position atteinte dans les réseaux de production et de reproduction appréhendés au sens wébérien et baechlerien, (i.e non réductible à la puissance) répond aussi à des stratégies et à des motivations personnelles qui font que les humains ne sont pas seulement les «produits des circonstances» comme le soulignait Marx à l’encontre de Feuerbach. On ne comprendrait rien sinon à ce qui se passe dans les quartiers dits en difficulté, mais aussi au Zimbabwe, en Algérie, à Bombay….

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La question du logique et du non logique dans la mentalité et l’action

Par Lucien Oulahbib

Le fait de penser qu’une danse peut faire pleuvoir est illogique, ou non logique, mais rationnel quant à la fin, (Pareto, 1917, Boudon, 1995), celle de faire apparaître de l’eau. D’où la croyance dans cette possibilité qui fonde eschatologiquement, autrement dit qui légitime dirait Max Weber, cette entéléchie là, à savoir précisément la forme que prend une telle danse en tant que moyen et fin (croyance en cette possibilité de faire pleuvoir)2.
C’est ce que Pareto nomme un résidu, c’est-à-dire ce qui reste ou encore se déduit d’une succession de faits (par exemple la superstition d’être treize à table qui dérive de la trahison de Judas) et en même temps ce que cette
déduction entraîne comme nouvel effet sans pourtant penser à Judas ; Pareto nomme ce processus une dérivation qui devient dérivée à savoir un résidu qui se cristallise en ce sentiment diffus qui vient se positionner comme cadre de référence, même s’il est non logique.

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De la liberté positive

Lucien Samir Oulahbib

Résumé
Une grande confusion entoure le concept d’ordre social employé par Auguste Comte sous le terme de « l’organisation sociale ». La pensée contemporaine issue du communisme reproche à la notion d’ordre social l’idée de domination alors qu’il s’agit dans son emploi d’affirmer que l’organisation sociale est inhérente, en tant qu’organisation et, donc, division des fonctions sociales, à toute structure, y compris communiste ; c’est-à-dire également au-delà de sa forme positive inégale justifiée et injustifiée qu’il s’agit sans cesse d’affiner selon Comte dans une dimension socialiste au sens de viser à perfectionner l’organisation sociale moderne dans ses dimensions temporelles et spirituelles, qu’il s’agit par ailleurs de distinguer et non d’abolir2.
Autrement dit, sans ordre ou organisation sociale -que la politique positive est censée rendre plus moderne, ce serait l’anarchie non pas temporaire lorsqu’un régime politique en remplace un autre3, mais au sens littéral : les fonctions et leurs récompenses iraient encore bien plus au plus fort et au plus offrant puisqu’il n’y aurait aucune limite politique ou spirituelle. Comte s’oppose ici et précisément à ce qu’il nomme l’impasse de la doctrine critique qu’il considère par ailleurs comme le principal obstacle désormais à un réel accomplissement révolutionnaire ou liberté positive. Voilà pourquoi soutient-il son ami Proudhon parce que loin de faire venir le socialisme censé affiner la société moderne, le communisme, en refusant précisément le mouvement perfectible de l’organisation sociale au profit d’un effacement irréversible des fonctions et des divisions, prépare plutôt la venue d’une pensée totalitaire qui, en prétendant abolir les distances entre critique et organisation, spirituel et matériel, s’y substitue comme prisme unique et ordre total, c’est-à-dire organise en réalité la disparition de la morale publique au profit d’une confusion

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Idéologie et terreur

Lucien Oulahbib

Introduction
Qu’aurait écrit Hannah Arendt aujourd’hui sur le totalitarisme? Complexe question. On sait déjà que ce terme se distingue chez elle de la notion de tyrannie ; le totalitarisme, du moins chez Arendt, viserait plutôt à une «domination totale »3 par laquelle « tout est possible »4 -allant contrôler l’intimité de toute personne, jusqu’à la transformer en atome d’une « masse »5 ; ce que Arendt ne pouvait supporter, surtout dans la façon de se sentir singulière ; déjà comme femme, puis comme juive, ensuite dans la manière de ne pas s’y réduire6 afin de se saisir à la fois comme une et plurielle, (éternel débat depuis le Parménide de Platon…) ; le totalitarisme veut précisément détruire cette singularité de la nature humaine jusqu’au coeur des pensées et même des sentiments, alors que la dictature, au sens de tyrannie, s’en prend principalement, elle, à ses opposants affichés.

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L’État de Droit face à l’étatisation et l’affairisme

Lucien SA Oulahbib

Des exigences apparaissent qui cherchent une meilleure et multiforme régulation des pouvoirs privés et publics, au demeurant conformes à la jurisprudence de l’État de Droit ; surtout en cette période connaissant un excès spéculatif non quelconque. Sauf que, à y regarder de plus près, n’y a t il pas aussi, là, l’indice paradoxal d’une étatisation et d’une approche affairiste de ce même État de Droit ? N’y a-t-il pas eu en effet dans la crise dite des subprimes une volonté à la fois étatiste et affairiste de fermer les yeux sur la solvabilité de certaines demandes afin de stimuler artificiellement une croissance par ailleurs modélisée i.e arc-boutée sur des anticipations mal maîtrisées de l’innovation financière ? Et cette dernière n’a-t-elle pas été encouragée par la pression simultanée des fonds de pension, de la dette publique, et des managers soucieux de maintenir un cash flow mis cependant à mal par la hausse continue des coûts ? Ce n’est pas le seul exemple.

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L’enlisement de la théorie politique en France

Lucien Samir Oulahbib1
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L’appât du gain, du toujours plus, (jusqu’à « l’irrationnelle exubérance des marchés financier »…), la cruauté, le goût du pouvoir, l’inégalité, l’injustice, le surtravail, l’aliénation, le conflit, mais aussi l’envie d’aller au bout de ses désirs, la joie de réaliser ses projets, la soif de beau, de transcendance, de connaissance, de justice, de liberté, bref, ce que les Anciens nommaient les passions humaines, avec leurs excès et leurs défauts, (la vertu étant leur mesure disait Aristote), ont-elles comme origine le « groupe » comme le pense Rousseau ? Ou alors la « propriété privée » exacerbée par le « capitalisme » et la culture « bourgeoise » comme le croyait Marx ? Ou encore, et ce aujourd’hui même, est-ce que leur avidité actuelle s’avérerait être la marque, indéniable, de la « domination mondiale du néolibéralisme » comme pense l’observer cette brillante essayiste, Naomie Klein, en articulant « désastres » de toute nature, écologiques et guerres au Moyen Orient ?

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Sur le canon de la Trinité et quelques paraboles dogmatiques

Lucien-Samir Oulahbib

Avant d’énoncer quelques commentaires sur le canon proprement trinitaire et sur la signification de certaines paraboles, proposons en introduction la lecture de deux petites histoires profanes pour indiquer que nous sommes ici sur un plan de mathesis imaginaire : ce qui implique qu’une telle Parole, lorsqu’elle est crue comme étant révélée, semble traverser, telle l’épée, toute énonciation, le moindre regard, le plus petit lien noué entre soi et soi, soi et autrui, y compris lié à sa propre chair.

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L’avocat du Pape

Lucien Samir Arezki Oulahbib

On tentera ici une plaidoirie en se plaçant sous l’autorité de ce vieil adage populaire indiquant que « l’on va se faire l’avocat du diable » parce qu’il s’agit de comprendre, donc de ne pas condamner (vous, les jurés…de l’opinion…) sans avoir jugé le fond : « l’on ne peut pas régler le problème du sida avec la distribution de préservatifs. Au contraire (leur) utilisation aggrave le problème ». Le porte-parole du Saint-Siège, Federico Lombardi a ajouté : « Il ne faut pas attendre de ce voyage un changement de position de l’Église catholique envers le problème du Sida ». Donc « développer une idéologie de confiance dans le préservatif n’est pas une position correcte » car « cela ne met pas l’accent sur le sens des responsabilités».

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Le rôle des rationalités cognitives, instrumentales et axiologiques dans la morphologie de l’action humaine et de son évaluation

Lucien-Samir Oulahbib

Peut-on établir une échelle d’évaluation de l’action humaine la plus rationnelle qui soit ? C’est-à-dire suffisamment probante pour être à même de renforcer positivement la morphologie humaine qui créé l’action et aussi celle qui la fait sienne ?
Pour y répondre, il s’agira de faire le point sur la réalité conceptuelle permettant une telle problématique. Le but ultime étant de définir précisément en quoi une telle évaluation permettrait non seulement d’affiner positivement la morphologie de l’action humaine, mais d’en être la condition même d’émergence, surtout lorsqu’elle cherche à combiner devoir être et mieux être. Ce qui implique d’évaluer à la fois l’élaboration de l’action et l’effectivité de son résultat, c’est-à-dire de mesurer aussi la rationalité cognitive, instrumentale, axiologique, dans leur apport effectif en contenu morphologique qui conserve, affine, une pluralité et un ordonnancement, positivement ou négativement, dans des théories, des objets, des pratiques, qui sont, tous, des comportements. Il s’agira d’en expérimenter la plausibilité par une série d’exemples.

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Le Liber De natura et origine animae d’Albert le Grand

Place du Liber De natura et origine animae

Le Liber De natura et origine animae1 prend place selon le codex autographe des oeuvres d’Albert dans la série des textes ayant pour sujet le corps mobile et exposant la philosophie péripatéticienne s’y rapportant : la scientia naturalis2. Il vient ainsi en vingtième position, immédiatement après le De animalibus3, et s’inscrit de la sorte dans
le projet d’Albert de transmettre la science naturelle et ce, évidemment, selon la méthode du commentaire qui lui est propre4 : suivre et exposer les traités aristotéliciens selon le modèle, à l’origine, de la paraphrase avicennienne, mais en introduisant autant de digressions que le rendent nécessaire les manques ou obscurités du propos même du
Stagirite5 et en greffant sur le corpus aristotélicien les membres qui lui manquent. En somme il s’agit, comme l’indique Alain de Libera, de s’approprier et de bâtir6, au sein d’un cadre et selon une méthode raisonnée, consciente et précise7.

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